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Les estangois se souviennent

Créé par le 04 juil 2019 | Dans : actualité, com com armagnac, gers, histoire, infos, mairie

ESTANG

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Mercredi 3 juillet, les estangois, en cortège, se sont rendus au mémorial où a eu lieu la cérémonie commémorative de la tragédie survenue à Estang le lundi 3 juillet 1944.

C’est en présence des maires des communes voisines, des conseillers départementaux Isabelle Tjntané et Vincent Gouanelle, de la représentante de la gendarmerie de la communauté de brigades de l’Armagnac, de Marie-Claude Mauras,  présidente de l’Amicale du bataillon de l’Armagnac, des présidents de la FNAC, des anciens combattants, de Rawa-Ruska, des familles des fusillés, de la population et des enfants de l’école primaire, qu’a eu lieu la cérémonie.

L’Harmonie estangoise a ouvert cette cérémonie par   « Le Chant des Partisans ».

Lors de son discours,  le maire d’Estang, France Ducos, avec beaucoup d’émotions, a retracé la tragédie du 3 juillet 1944 :

« Le dimanche 2 juillet, le curé doyen de Cazaubon, aumônier départemental de la milice avec la complicité de la receveuse des postes, signale à la Feldgendarmerie de Mont-de-Marsan,  la présence de réfugiés au château de Bégué à Barbotan. Une opération de répression est mise en place, le château de Bégué est investi et neuf hommes sont interpellés. Le 3 juillet, Georgette Dulhoste se rend à Estang pour signaler la présence de ce détachement allemand. Le bataillon de l’Armagnac est prévenu, et le capitaine Parisot décide de tendre une embuscade sur  les itinéraires probables du retour, notamment Cazaubon-Labastide et au carrefour de Monclar.  À 13 heures, le combat s’engage à l’entrée nord du village, mais la colonne allemande est très supérieure en hommes et en armement. Elle se déploie et entre dans le village. Louise Cazauran sera la première victime civile. »

Après avoir rappelé les interpellations des cinq premiers otages, le maire a précisé :

« Dans le village, l’échange de coups de feu est permanent. Partout, des civils surpris ou expulsés de leur domicile sont interpellés et c’est vers 17 heures, après avoir été regroupés devant les arènes qu’ils arrivent encadrés par les soldats et rejoignent les autres otages devant la gendarmerie. Les gendarmes avec leurs femmes et leurs enfants sont expulsés de leur logement et sont alignés contre le mur du facteur. Devant eux le corps d’un sous-officier allemand qui vient d’être abattu. »

La colonne allemande se composait de deux compagnies du régiment de sécurité 197 soit 250 hommes.

France Ducos a détaillé le combat  où deux résistants, Léonce Destouet et Hans Haffner sont tués, le résistant André Ousteau a été pris en otage et exécuté.  Puis elle a  précisé :

« Deux victimes civiles, Louise Cazauran et Jean Lalanne, cinq maisons incendiées et une quarantaine d’otages qui seront conduits, sous la menace des armes, vers Pignay. Les trois gendarmes seront déportés vers les camps de concentration. L’adjudant Verdier et le gendarme Capdeville mourront en déportation, seul le gendarme Mélignier reviendra des camps de la mort.  »

Le maire a ensuite énuméré les otages qui furent lâchement abattus :

« Jean Bartherotte (maçon, 50 ans, 3 enfants), Lucien Bouque (cultivateur, 30 ans), Jean Coupaye (pharmacien, 32 ans, 3 enfants), Alfred Duclaux (charpentier, 51 ans, 3 enfants), Jean Dupeyron (cultivateur, 39 ans), Louis Dupuy (négociant, 43 ans, 3 enfants), André Ousteau (19 ans, volontaire à la 4e compagnie du Bataillon de l’Armagnac), André Pupkiewicz (40 ans, 4 enfants, journalier, réfugié juif), Paul Sansoulh (41 ans, 4 enfants, négociant en meuble, réfugié juif) ».

France Ducos a terminé son discours en précisant :

« Nous sommes aujourd’hui réunis pour rendre hommage à leur mémoire, leur témoigner notre plus grand respect et pour assurer à leurs familles ici présentes notre compassion. Plus que jamais l’oubli, la banalisation de l’horreur et de la violence sont les dangers qui menacent nos sociétés. Cette journée du souvenir revêtira tout son sens si elle ne se limite pas à la mémoire du passé mais si elle s’inscrit dans le présent et l’avenir. Que les résistants qui se sont battus avec courage et abnégation soient assurés de notre reconnaissance pour avoir contribué à la libération de la France et au retour de la liberté. »

Après le dépôt de gerbes, la sonnerie aux morts, l’Harmonie estangoise a interprété  » La Marseillaise ».

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Ceux de Rawa Ruska se sont réunis

Créé par le 03 juil 2019 | Dans : actualité, com com armagnac, com.com du Bas Armagnac, gers, histoire, infos

 CONDOM

Franck  Barsacq et Henri Portes

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Ceux de Rawa Ruska et leurs descendants, se sont réunis en congrès départemental dimanche 30 juin à Condom.

C’est en présence du maire de Condom, Gérard Dubrac, et de son adjoint Philippe Beyries, que Franck Barsacq,  président départemental, entouré de Bernard Candelon, président national de l’association, Nadine Labadie, secrétaire nationale, Chantal Martin, présidente d’Aquitaine et  Claudine Landes, vice-présidente du Lot  Quercy, a rappelé à tous le rôle désormais prépondérant du devoir de mémoire, et de la recherche historique, à l’heure où les derniers internés résistants , ayant connu la captivité dans ce redoutable camp de représailles , s’éteignent peu à peu.

Franck Barsacq a détaillé l’historique de Rawa Ruska :

«  Ce camp, dénommé « camp de la goutte d’eau », par Churchill à la BBC, était situé en Ukraine, en plein centre du triangle de la mort, est encore parfois méconnu. Lors de la seconde guerre mondiale, près de 2 millions de soldats français furent prisonniers, et 1,5 millions furent envoyés en Allemagne pour soutenir l’effort de guerre nazi. La grande majorité était composée de mobilisés. Tous n’acceptèrent pas ce rôle et leurs conditions de prisonniers, d’où une résistance qui s’instaura dans les camps de prisonniers. Elle se manifesta par des ralentissements de production, des refus de travail, des actes de sabotage, des tentatives d’évasion. Ils participèrent ainsi à la  résistance dans les camps de prisonniers de guerre encouragée par l’appel du 18 juin 1940. Début 1942, devant la multiplication des évasions et la gêne qu’elles leur occasionnèrent, les nazis décidèrent d’expédier les récidivistes, qu’ils désignèrent comme des terroristes, dans les camps de représailles d’où ils ne devaient pas revenir. Ils seront déportés au camp 325 à Rawa-Ruska. »

 C’est en leur mémoire que l’association poursuit aujourd’hui ses actions tant au plan national que régionaux, avec plus de 1000 membres, dont toujours une poignée d’anciens. Dans le Gers, on dénombre 50 adhérents environ.

Lors de ce congrès, outre deux dépôts de gerbes à Condom, et Castelnau-sur-l’Auvignon, Franck Barsacq a remis à la municipalité de Condom, une plaque commémorative qui sera prochainement déposé proche du monument aux morts, une fois les travaux terminés.

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Pour tous renseignements: Ceux de Rawa Ruska et leurs descendants, Franck Barsacq 07 86 03 63 09 ou epsylon32@wanadoo.fr

Najat Vallaud-Belkacem a inauguré le Parcours de Mémoire

Créé par le 06 août 2016 | Dans : actualité, éducation, gers, histoire, mairie, politique

LE HOUGA

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Samedi matin, à côté de la mairie en présence des nombreuses autorités civiles et militaires, d’anciens combattants et  des habitants de la commune, Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche,  a inauguré le Parcours de Mémoire du 6 août 1944.

Après son mot d’accueil, le maire Patricia Galabert  a retracé en détail  l’histoire tragique survenue en ce lieu:  » Nous sommes ici réunis, face à ce qu’était l’Hôtel Lafontan. Ce bâtiment dont les volets sont maintenant trop souvent clos, comme s’il ne parvenait pas à se remettre de son passé, a été le théâtre d’une journée tragique dans l’histoire de notre village. Ici des hommes et des femmes ont été arrêtés pour être conduits en prison, pour être torturés, pour être fusillés.

Le 7 août 44, le Commissaire de police de Mont de Marsan adresse un rapport au Préfet des landes dans lequel il relate :  » Le 6 août courant dans la matinée, M. Thiebaud Henri, ex chef de service du ravitaillement à la mairie de Mont de Marsan, Mme Peguy  qui avait remplacé M. Thiebaud   dans son emploi, et M. Combelle, instituteur, fils d’un employé de la voirie de la ville de Mont de Marsan, ont été arrêtés dans un café du Houga. Mme Peguy et M. Combelle ont été écroués à la maison d’arrêt de Mont de Marsan. Quant à M. Thiebaud, il devait être fusillé quelques temps après son arrestation, avec deux autres maquisards dans le cantonnement où les allemands les avaient  conduits sous la contrainte « .

Après la lecture de ce rapport, Patricia Galabert a développé la journée du 6 août 1944.

« Le dimanche 6 août en effet, Henri Thiebaud  a rendez-vous à l’Hôtel Lafontan au Houga avec Mme Peguy  qui lui apporte des cartes d’alimentation. Ce jour-là, au petit matin, Le Houga est envahi par un détachement de soldats allemands. L’hôtel est perquisitionné, Melle Lafontan, Mme Peguy, le couple Koln, M. Stopler, le garagiste Jean Laborde, M. Brocas, M. Combelle et d’autres sont arrêtés. L’hôtel est pillé, tout est emporté et le bâtiment détruit à l’explosif. Les personnes arrêtées sont transférées à Mont de Marsan puis au fort du Hâ, d’où elles sont libérées le 28 août, les nazis n’ayant pas eu le temps de les déporter.

Henri Thiebaud  a 43 ans quand les soldats nazis le conduisent dans le bois de Bascaules où il est fusillé avec Pierre Farines, âgé de 22 ans, capturé par les allemands alors qu’il est en mission de ravitaillement de deux camarades qui montent la garde et Jean Labastie  âgé de 32 ans arrêté par un barrage allemand alors qu’il allait prévenir Henri Thiebaud  à l’hôtel Lafontan.  »

Le maire a rappelé que chaque année, les municipalités du Houga et de Toujouse, avec les habitants de ces deux communes rendent hommage à ces trois hommes, à l’endroit même où ils ont été exécutés. Puis elle a poursuivi son discours en précisant les trois importantes commémorations et le projet du parcours de mémoire :

« Depuis les évènements tragiques du 6 août 44, cette date a été commémorée trois fois au Houga. La première fois ce fut pour le cinquantenaire à l’occasion duquel la plaque a été apposée sur la façade, durant le mandat de M. Massenez.  Puis en 2014 et 2015, en accord avec l’association des anciens combattants du Houga nous avons commémoré ces évènements. Ensuite est venue l’idée que la commémoration retrace le déroulement de cette journée sous la forme d’un chemin de mémoire. Ce projet a été subventionné par l’ONAC, le conseil départemental et l’association des anciens combattants du Houga et cofinancé par notre commune et celle de Toujouse.

Il répond au double objectif de reconnaître et de transmettre. Reconnaître le traumatisme vécu par nos ainés et transmettre notre histoire aux jeunes générations. Il est important de se recueillir comme nous le faisons tous les ans à l’endroit où les trois résistants ont été suppliciés, mais il est également important d’acter et de mettre en mot ce qui s’est passé au Houga  ce jour-là. Nous avons souhaité mettre en place une cérémonie digne et pérenne retraçant le parcours des trois fusillés de Bascaules et des habitants de notre commune. Un groupe de travail constitué d’élus du Houga et de Toujouse, et des anciens combattants Folgariens a donné corps à ce projet avec pour objectif la transmission du patrimoine mémoriel aux jeunes générations.

 Ce parcours de mémoire est jalonné par quatre pupitres dont les textes ont été rédigés par Jacques Fitan dont nous reconnaissons tous l’expertise et le sens pédagogique. Ce travail a été validé par l’Office National des Anciens Combattants et Victimes de Guerre du Gers, la maquette a également été présentée au Conseil Départemental pour les anciens combattants et victimes de Guerre et la mémoire de la Nation qui s’est tenu le 22 juin dernier sous la présidence de M. le Directeur du Cabinet de M. le Préfet et en présence de Présidents d’Associations. »

Les pupitres du Parcours de mémoire

«  Le pupitre que nous allons dévoiler décrit les conditions des arrestations et l’internement de civils à l’hôtel Lafontan. Le deuxième pupitre est situé au niveau de ce qu’était le garage Laborde.  Le troisième au carrefour de « La Jalousie » point de rassemblement des personnes arrêtées et embarquées pour Mont de Marsan. Le quatrième pupitre est en forêt de Bascaules, sur le lieu de l’exécution. »

Le souvenir du 6 août 44 est à jamais gravé dans la mémoire des folgariens l’ayant vécu.

« Tous se souviennent que les soldats allemands sont apparus comme s’ils sortaient de terre, ils étaient arrivés pendant la nuit, personne n’avait rien entendu, au petit matin toutes les routes étaient bloquées. C’est par petits groupes que les soldats ont pénétré dans le village et fouillé de nombreuses habitations. Tous se souviennent de l’épais brouillard qui enveloppait le village ce jour-là. Tous se souviennent des camions le traversant avec leurs otages à bord. Tous se souviennent de ces personnes arrêtées, enfermées, et interrogées dans le cellier de l’hôtel Lafontan  et le hangar à grain de Georges Cazade. Tous se souviennent du bruit de l’explosion. Tous se souviennent des trois fusillés du bois de Bascaules. À nous maintenant de nous souvenir et de transmettre.

Merci, Mme la Ministre de conforter et de donner force à cette démarche par votre présence ici. On ne peut pas façonner le présent et préparer l’avenir sans se retourner sur son histoire personnelle et sur notre histoire commune. Les évènements de cette journée appartiennent à chacun d’entre vous, vous qui en avez été les acteurs et les témoins, mais ils constituent aussi notre patrimoine mémoriel. Il s’agit d’un passage de témoin afin que les enfants d’aujourd’hui sachent qu’ici aussi la barbarie a sévi, que la paix, la liberté et la fraternité sont des biens fragiles qu’il est de notre devoir de préserver.

Les différences entre individus doivent être vécues comme une chance et une richesse dans les relations humaines. Devenons des « passeurs de mémoire ». Nous sommes les témoins de témoins, à notre tour de témoigner, non pas de ce que nous avons vécu, mais de ce que nous avons reçu en héritage. » Après le discours de Patricia Galabert, Philippe Martin puis Najat Vallaud-Belkacem se sont exprimés sur la résistance gersoises, leur courage et   les valeurs de la république, liberté, égalité et fraternité  qui animaient ces hommes et ces femmes.

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