GABARRET

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Mardi 21 avril, en fin d’après-midi, plus d’une centaine de personnes étaient présentes à la stèle du souvenir de la rafle du 21 avril 1944.

Adultes et adolescents, des maires et élus de la Communauté de communes des Landes d’Armagnac,  représentants de la gendarmerie dont le colonel  commandant  le groupement  de gendarmerie du département des Landes, représentants des associations d’anciens combattants et de mémoire,  et Gilles Clavreul, préfet des Landes, étaient présents. 

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 Après son mot d’accueil, Jeanine Barbères  a signalé la présence  des collégiens, du  collège Jules Ferry et  de Saint-Jean Bosco de Gabarret, accompagnés par leurs responsables, et leurs professeurs d’histoire et a naturellement salué les porte-drapeaux :

«  Chers amis, c’est avec reconnaissance et émotion que je vous remercie très chaleureusement d’avoir répondu à notre invitation pour commémorer ensemble, la mémoire de la rafle qui s’est produite dans ce nord-est des Landes les 21 et 22 avril 1944.  Devant ce monument, nous nous souvenons des victimes, notamment de Maurice Chimène (63 ans), de son fils Pierre Chimène (34 ans), de Joseph Michel Heyman (44 ans)  ce dernier était résistant en Dordogne, tous trois Juifs arrivés depuis quelques semaines à Gabarret. »

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La présidente de l’Amicale Hilaire Buckmaster a ensuite donné la parole aux élèves des deux collèges de Gabarret  qui ont   rappelé en détail les événements :

 » Les 21 et 22 avril 1944, 3 000 soldats allemands opèrent une vaste rafle aux confins des Landes, de la Gironde et du Lot-et-Garonne. Ce sont plus de 2000 hommes qui sont arrêtés. Une partie sera déportée en Allemagne et ne reviendra pas.

Des chantiers de la jeunesse aux groupements forestiers.

En 1941, le groupement 47 des chantiers de la jeunesse française s’installe à Gabarret avec des antennes dans les villages du gabardan notamment  Losse,  Estampon, Lubbon, Estigarde…

Des bâtiments préfabriqués sont construits, à l’emplacement de l’ actuel collège Jules Ferry.  L’armistice du 22 juin 1940 ayant supprimé le service militaire obligatoire, les chantiers de la jeunesse sont créés à la place le 30 juillet 1940.  Les jeunes hommes de la zone libre, en âge de 20 ans, doivent accomplir leurs obligations militaires et sont incorporés pour un stage de six puis huit mois.  Ils vivent en camp près de la nature, accomplissant des travaux d’intérêt général,  notamment forestiers, dans une ambiance militaire. »

Il a été rappelé que les détachements forestiers étaient dans le  collimateur des Allemands et de la milice,  et ont été certainement infiltrés par ceux-ci. Des sabotages voyants, des imprudences commises par des membres des Chantiers, ont  alerté davantage les Allemands et leurs collaborateurs français.

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 Toutes les conditions étaient  dès lors réunies pour que l’occupant allemand  ressente la nécessité de réaliser une opération d’envergure pour nettoyer ce secteur des Landes, mesurant 20 km sur 25 environ,  compris entre Casteljaloux, Captieux, Roquefort, Saint-Justin, Gabarret et Houillès.

Là, se cacheraient des réfractaires du STO, des travailleurs étrangers en particulier des Espagnols républicains, de nombreux terroristes dans les maquis qui reçoivent des parachutages d’armes d’Angleterre.

Après avoir détaillé  la forte mobilisation des allemands avec la milice, les collégiens ont détaillé la rafle arrêtant tous les hommes valides de 18 à 60 ans. Les uns sont relâchés alors que les autres sont chargés sur des camions.

Le 22, les arrestations se sont poursuivies. Le 22 avril, des auxiliaires français abattent trois juifs, Pierre et Maurice Chimène et Joseph Heyman.

Au camp de jeunesse de Gabarret.   

Il est très difficile d’établir un bilan des arrestations. On peut néanmoins estimer le nombre total d’interpellations, même pour quelques heures, dans les ex-chantiers de la jeunesse et groupements forestiers que parmi les villes de ce secteur des Landes, Gironde et Lot et Garonne, à un peu plus de 2000 hommes. Les uns sont libérés et un peu plus de 1100 sont transférés à Bordeaux, et par la suite certains ont malheureusement été déportés en Allemagne dont un grand nombre n’est pas revenu. Sur 136 landais, seuls 46 sont revenus.

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