LANDES

Vendredi, la Préfecture des Landes a publié l’arrêté interdisant la chasse à la palombe et précisant que seules les chasses de régulation des sangliers, renards, cerfs, chevreuils et daims, lors de battues ou de tirs à l’affût, sont autorisées.

La Fédération départementale des chasseurs des Landes a exprimé sa très grosse  déception en titrant dans son flash info «  Le triste dénouement ».

Flash Info de la FDC 40

Chasseurs !

Depuis l’annonce du confinement, nos craintes n’ont cessé de croître.

Le landais est un passionné, et en cette période de fièvre bleue où se mêlent attente et espoir d’une migration extraordinaire, nos fantasmes de paloumayres, pantayres, tonnayres, bécassiers et autres nemrods, ce sont vus anéantis.

Si l’intérêt général exige toujours le dépassement des intérêts particuliers, initialement il est certain que les chasseurs landais étaient prêts à répondre au confinement dans sa plus stricte application. Il est vrai qu’en ces temps troublés, tout passionné que nous sommes, ne pouvons rester insensibles à une crise sanitaire planétaire, aux conséquences dépassant largement les intérêts cynégétiques. Responsables, nous en avons conscience.

Mais quelle ne fût pas notre surprise, et à juste titre, lorsque la FDC40 a appris que l’État, par le biais de nos Préfets, souhaitait déroger pour permettre la régulation du grand gibier uniquement. Privé de CDCFS factuel, avec simplement une consultation électronique, l’arrêté préfectoral vient de paraître officiellement. La chasse dans les Landes en cette période de confinement sanitaire se cantonnera uniquement à la régulation du grand gibier ainsi qu’au piégeage du renard.

Le Landais n’est pas dupe ! Ainsi, quand il est déclaré péremptoirement d’un ministère parisien que les chasses “loisirs” sont interdites, il soulève l’incompréhension et détruit ipso facto une dynamique qui justement prend sa source dans la solidarité. Cette pantomime laisse entrevoir la crainte du Ministère, ne voulant pas se mettre en porte-à-faux quant aux conséquences juridiques et financières qu’aurait la gestion de l’indemnisation des dégâts agricole après cette crise.

Nous avons la chance d’avoir un département préservé et giboyeux, de pouvoir encore pratiquer, ce que nous appelons ici, les chasses traditionnelles.

Force est de constater que les Landes, terres de traditions, ont également la chance d’avoir des chasseurs solidaires. Nous tenons à vous remercier pour votre mobilisation à notre sondage où vous avez été plus de 80% à répondre favorablement à un maintien de tous les modes de chasse au nom du « TOUS, SINON RIEN ».

Soyez en assurés, la FDC40 subit tout comme vous cette situation. Nous avons, au travers de la consultation en Commission Départementale de la Chasse et de la Faune Sauvage, exprimé notre désaccord envers cet arrêté, nous avons proposé des alternatives, nous avons sollicité nos parlementaires, mis toute la pression que nous pouvions, mais notre discours semble inaudible.

Pour autant, nous ne lâcherons pas. Si l’administration souhaite nous asservir au rang de simple régulateur, il est certain que cela ne fera que renforcer cette incompréhension et provoquer écœurement, découragement, mais aussi affirmer notre détermination !

Le chasseur se fait malmener dans ses missions d’intérêt général, week-end après week-end au bord des routes par le grand public, lui-même gavé et manipulé par des médias de plus en plus déconnectés de la ruralité et parfois instrumentalisés.

Si l’on veut cadenasser le chasseur landais dans ce rôle de régulateur, alors c’est que l’Etat n’a rien compris. Nous sommes faits aujourd’hui de plus 75% de chasseurs de petits gibiers et de migrateurs. Des gens qui ne vivent qu’au rythme des saisons dans l’attente des premiers vents de nord. Alors si demain, ces gens se désengagent, c’est tout le célèbre équilibre agro-sylvo-cynégétique qui se casse la figure.

Aujourd’hui, outre l’arrêté autorisant les battues et approche affût du grand gibier, il demeure la possibilité de chasser dans les limites de l’application des modalités du confinement (1h à moins d’1 km de son domicile). Les messages concernant le boycott des battues par les chasseurs fusent. La FDC40 comprend cette démarche émanant de cette incohérence et alerte tous les organisateurs de battue quant à la responsabilité sanitaire de ces derniers et l’incompréhension de la vox populi que cela peut générer. La FDC40 rencontrera prochainement Madame la Préfète pour échanger sur la gestion de cet épisode.

Et comme si cela ne suffisait pas, la FDC40 attire votre attention sur le passage en risque élevé de tout le département par rapport à la grippe aviaire. Nous vous informons que tout lâcher de gibier à plumes et transport et utilisation d’appelants gibier d’eau est interdit.

Maigres résultats !!! Mais nous restons transparents depuis le début en essayant au maximum de tenir compte de vos intérêts. Nous sommes dans une période où les interdictions sont plus faciles à prendre que les autorisations, les libertés de plus en plus contestées … Nous faisons au mieux, sachant que nous laissons beaucoup de frustrations au bord du chemin.

Merci pour les messages de soutien !

Adishatz !